Laser et délivrance de médicaments

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L’application de topiques sur la peau constitue un des principes de base de la prescription en dermatologie. L’efficacité des molécules est toutefois limitée par la barrière cutanée, en particulier le stratum corneum qui constitue une barrière hautement hydrophobe, ne laissant passer que des molécules lipophiles et de poids moléculaire (PM) inférieur à 500 Da (dalton).

Aussi, les techniques pour délivrer des molécules au sein de la peau sont une source de recherche depuis de nombreuses années. Les lasers sont l’une de ces méthodes de microporation dans l’objectif de favoriser la pénétration de molécules hydrophiles ou de haut PM.

On se doit de distinguer deux finalités différentes. La délivrance transdermique de médicaments avec une action systémique via le système vasculaire dermique et la délivrance intradermique de topiques. Celle-ci présente l’avantage de permettre la délivrance du médicament directement au niveau de la cible cutané pour optimiser son efficacité et de diminuer la toxicité systémique.

Pour la voie systémique, des patchs transdermique ont été développés dès le début des années 70 pour la délivrance de la scopolamine contre le “mal des transports”, puis étendu à des médicaments antihypertenseurs (clonidine) et du sevrage tabagique (nicotine) sans que le recours à des techniques lasers soit nécessaire.

Depuis, les lasers ont été évalués et des systèmes sont d’ores et déjà commercialisés, utilisant notamment un laser Er:YAG pour la délivrance d’hormones dans les situations d’infertilité. De multiples travaux sont en cours pour la délivrance de chimiothérapie, et dans le domaine de la dermatologie pour le méthotrexate dans l’objectif d’une délivrance régulière et continu de la molécule [1].

Pour la délivrance intradermique, la microporation repose essentiellement sur l’utilisation des lasers fractionnés. Ce sont les lasers fractionnés ablatifs qui sont le plus usités, et en l’occurrence les lasers Erbium 2950nm ou CO2 10600nm. Ces deux longueurs d’ondes s’opposent par la capacité d’absorption de l’eau, 15 fois supérieure pour l’Erbium par rapport au CO2, ce dernier étant de plus responsable de dommages thermiques plus importants, source de coagulation et d’obstacle au passage des molécules. Les études ont donc porté naturellement pour des paramètres les plus “froids” possibles.

Un certain nombre de molécules ont été étudiées : méthyl-5-aminolévulinate (MAL), lidocaïne, imiquimod, acide ascorbique 2-glycoside.

En rappel, les techniques fractionnées ablatives créent des puits de vaporisation de taille variable (MTZ), entourées de zones de peau saine permettant une cicatrisation rapide de la zone traitée.

Tout d’abord, des études ont porté sur la densité ou le nombre de puits au cm2. Elles[...]

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À propos des auteurs

Cabinet de Dermatologie, Saint-Paul-de-Vence.

Centre médical Saint-Jean, ARRAS.

Cabinet de Dermatologie, PARIS.