Place du ganglion sentinelle et des traitements adjuvants dans le mélanome en 2015

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La détection et le contrôle de la maladie microscopique dans le mélanome restent une priorité. Les avancées futures de la recherche devront porter sur l’identification plus précise de groupes de patients à risque et sur le développement de traitement(s) adjuvant(s) efficace(s).

Actuellement, la technique du ganglion sentinelle (GS) est une des méthodes de détection de la maladie microscopique. L’analyse du GS n’est pas recommandée à titre systématique et se discute essentiellement pour les mélanomes de Breslow supérieurs à 1 mm et/ou ulcérés. En effet, la présence d’un envahissement du GS est corrélée à l’indice de Breslow et varie de 1 % pour les lésions de moins de 0,75 mm à 35,5 % pour les mélanomes de plus de 4 mm [1]. Ainsi, dans les recommandations françaises pour les mélanomes fins (< 1 mm), la faible fréquence de positivité du GS, technique non dénuée de morbidité, ne justifie pas la réalisation du geste.

Les recommandations américaines discutent sa réalisation pour des mélanomes d’épaisseur comprise entre 0,76 et 1 mm en cas d’association à d’autres facteurs validés de mauvais pronostic, tels l’ulcération ou un index mitotique élevé. L’analyse du GS est pratiquée lors de la reprise chirurgicale du mélanome et ne sera évidemment pas proposée en cas d’envahissement ganglionnaire macroscopique. La présence d’un envahissement du GS est un outil pronostique majeur. En revanche, son intérêt thérapeutique reste à démontrer et, en particulier, l’intérêt du curage complémentaire en cas de positivité du GS. Seule l’étude MSLT-2, portant uniquement sur des patients avec GS positif randomisés en 2 groupes, curage immédiat versus surveillance, permettra de répondre à cette question.

L’essai MSLT-1 est le plus large essai randomisé portant sur l’analyse du GS dans le mélanome, incluant, entre 1994 et 2002, 1 347 patients avec mélanomes cutanés d’épaisseur comprise entre 1,2 et 3,5 mm, et 314 patients avec mélanomes épais [2]. Les patients ont été randomisés en 2 groupes : le groupe “GS” a bénéficié de la technique, complétée d’un curage ganglionnaire complet en cas de positivité du GS ; le groupe “observation” a bénéficié de la seule surveillance, avec curage en cas de rechute ganglionnaire macroscopique. L’objectif principal était l’évaluation de la survie spécifique à 10 ans. Malgré la conclusion positive des auteurs, il n’y avait pas d’amélioration de la survie globale entre le groupe GS et le groupe observation, l’essai devant donc être considéré comme négatif pour la question posée. La survie spécifique à 10 ans a également été évaluée parmi les patients ayant un envahissement ganglionnaire et était significativement plus longue chez les patients du groupe GS que chez les patients du groupe observation (survie globale à 5 ans,[...]

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À propos de l’auteur

Centre d’Onco-dermatologie, Hôpital Saint-Louis, Paris.