Les dermatologues ont découvert les lipolyses non invasives (en tout cas celles réellement suffisamment efficaces pour être proposées à nos patients) en 2009, date du lancement de la lipolyse CoolSculpting. Dans un premier temps, peu de dermatologues, c’est le moins que l’on puisse dire, s’y sont réellement intéressés. Jusqu’en 2011, nous n’étions que deux dermatologues à la proposer, l’un à Amiens, l’autre, dans le centre où je pratique, à Paris. Puis, le surprenant décret “lipolyse” d’avril 2011 est intervenu, à l’initiative de la Haute Autorité de santé (HAS), probablement “stimulée” par certains plasticiens. Le Conseil d’État a bien annulé rapidement toute la partie de ce décret consacré aux lipolyses non invasives, le mal était déjà fait. Rappelons que la motivation de cette annulation en urgence, en 6 semaines seulement (une quasi-première en médecine pour un décret médical, pour lequel le Conseil d’Etat se considère souvent incompétent !) n’était pas seulement fondée sur un problème de forme (par exemple, l’anonymat – parfaitement illégal, car comment vérifier l’impartialité et l’absence de conflits d’intérêts de ses membres ? – des experts qui ont parlé de “suspicion de risques pour la santé humaine”), mais était principalement motivée par un problème de fond.
En effet, le rapport de la HAS précisait que, si certaines techniques invasives (par exemple, la liposuccion par endolaser, aujourd’hui réservée aux seuls chirurgiens plasticiens !) présentaient bien de réels risques, ce même rapport spécifiait aussi que les techniques de lipolyse non invasive ne présentaient pas d’effets secondaires sévères, mais seulement à type de “douleurs modérées et passagères, d’érythème et ecchymoses possibles” (quelle gravité !). Le Conseil d’État a simplement, raisonnablement, estimé que l’on ne pouvait décemment interdire des techniques pour suspicion de risques graves pour la santé humaine au prétexte de tels effets secondaires. Sinon, toutes les thérapies devraient être interdites en urgence !
Après l’annulation de ce décret, il a fallu plus de 15 mois pour retrouver l’activité que nous avions auparavant… Puis, la cryolipolyse s’est progressivement implantée. Aujourd’hui, nombre de dermatologues la proposent, des médecins esthétiques aussi et, chose remarquable, les plasticiens également. Au dernier congrès de la SOFCEP (Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens), j’ai même assisté à une communication d’un chirurgien expliquant pourquoi ils devaient se mettre à la cryolipolyse, sous peine de nous laisser nous approprier ces techniques promises à un bel avenir ! Les temps changent… À nous d’avoir la même réflexion. Rien ne nous oblige à nous y intéresser, mais ne pas s’investir dans un type de traitement, c’est le laisser aux autres.
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