Contraception et lupus

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La question de la contraception doit être systématiquement abordée avec les patientes lupiques en âge de procréer compte tenu de l’influence des hormones sur l’activité de leur maladie. La contraception est par ailleurs indispensable lorsque le lupus est actif et qu’un traitement tératogène de type métho-trexate, thalidomide, cyclophosphamide, acide mycophénolique est administré. Les principaux moyens de contraception sont l’utilisation de contraceptions hormonales, de dispositifs intra-utérins ou de contraception type barrière mécanique (préservatif, diaphragme…).

Les micropilules progestatives sont largement utilisées, en schéma continu. Elles doivent être prescrites à des patientes adhérentes et disciplinées car elles ne sont pas efficaces en cas d’oubli, même bref. Les effets secondaires sont des irrégularités menstruelles et un spotting, voire une aménorrhée.

L’acétate de chlormadinone ou l’acétate de cyprotérone sont aussi fréquemment utilisés malgré l’absence d’autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette indication. Les effets secondaires sont du même type. Une aménorrhée est fréquente après quelques cycles d’utilisation.

Les implants progestatifs sous-cutanés permettent la diffusion d’étonogestrel (métabolite actif du désogestrel) en continu. Les effets secondaires incluent une aménorrhée ou, au contraire, des saignements prolongés, une prise de poids, l’apparition d’une acné et des céphalées. Ils doivent être remplacés tous les 3 ans.

L’utilisation des dispositifs intra-utérins est de plus en plus répandue au cours du lupus et non contre-indiquée même en cas de corticothérapie ou de traitement immuno-suppresseur. Les dispositifs intra-utérins bioactifs (délivrant de petites doses de lévonorgestrel) peuvent tout à fait être utilisés. La tolérance utérine est identique à celle des contraceptions microprogestatives par voie orale ou par implant.

Une méta-analyse ne retrouve pas d’augmentation du risque de poussée lupique sous estroprogestatifs et deux études randomisées, publiées en 2005 dans le New England Journal of Medicine, ont montré que les estrogènes ne majoraient pas le risque de poussée. Attention cependant, la possibilité de prescrire ce type de contraception ne concerne que les patientes dont le lupus est calme, qui n’ont jamais eu de thrombose et n’ont pas de biologie antiphospholipides significative. En France, du fait des nombreuses alternatives, cela doit rester une contraception de deuxième ligne.

Enfin, la “pilule du lendemain”, à base de progestatifs, n’est pas contre-indiquée.

Pour en savoir plus

  • Guettrot-Imbert G, Morel N, Le Guern V et al. Pregnancy and contraception in systemic and cutaneous lupus erythematosus. Ann Dermatol Venereol, 2016;143:590-600.

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À propos de l’auteur

Centre de référence Maladies auto-immunes et Maladies systémiques rares, Service de Médecine interne, Hôpital Cochin, PARIS.