Les traitements par laser sont-ils contre-indiqués durant la grossesse ?

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Durant les consultations devant déboucher sur un acte laser, il est une question qui revient de façon traditionnelle, récurrente, souvent entretenue par des “on-dit” glanés çà et là : y a-t-il une contre-indication à effectuer un traitement laser durant la grossesse ?

Certes, la question est légitime dans une France traumatisée par des affaires multiples où la recherche d’un responsable est érigée en sport national, dans un pays où le principe de précaution est inscrit dans la constitution depuis 2005 (dans la charte de l’environnement…). Dans un réflexe épidermique, la réponse que s’impose le praticien est souvent de ne pas effectuer de traitement en période de grossesse. Comme malheureusement de plus en plus souvent dans notre activité, et en dehors de toute rationalité, nous cherchons ainsi à éviter des mises en cause de nos choix par la solution la plus simple : l’évitement. Cette attitude est d’ailleurs quasiment institutionnalisée par certains sites d’information médicaux privés, laissant ainsi le risque d’ériger en dogme une simple idée reçue.

À l’époque où des interventions chirurgicales fœtales in utero deviennent une hyperspécialisation de la discipline obstétricale, quelle raison médicale, physique, devrait conduire à cette contre-indication de nos traitements durant une grossesse en cours ? Pourquoi l’utilisation de lasers à usage cutané serait-elle interdite pendant la grossesse ?

Pour répondre à ces questions, commençons par des évidences :

Sur l’ensemble du spectre dans lequel émettent les lasers disponibles – c’est-à-dire des ultraviolets jusqu’aux infrarouges en balayant dans l’intervalle l’ensemble du spectre lumineux – aucune longueur d’onde n’est connue pour altérer le cours de l’embryogenèse puis de la maturation fœtale en étant utilisée sur les téguments maternels.

La courbe de diffusion transcutanée de la lumière visible en fonction de la longueur d’onde montre que la pénétration s’avère assez modeste puisqu’elle part de 0,5 mm de profondeur pour la longueur d’onde correspondant au violet pour culminer à 4 mm à l’autre extrémité du spectre en se rapprochant des infrarouges. On pourra d’ailleurs remarquer qu’à titre thérapeutique nous aimerions souvent avoir un peu plus de pénétration pour être moins limités dans nos objectifs de traitement !

Dès ces premières constatations, une remarque s’impose : que pourrions-nous par exemple appréhender (en restant cartésiens) comme effet néfaste sur la gestation d’un traitement par laser à colorant pulsé de la rosacée d’une patiente enceinte ? Le faisceau est focalisé sur le visage, à près de 50 cm de la zone abdominale ; les vêtements de la patiente constituent autant de couches optiquement protectrices rendant l’irradiance lumineuse abdominale moins[...]

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À propos des auteurs

Cabinet de Dermatologie, PARIS.

Cabinet de Dermatologie, Saint-Paul-de-Vence.

Centre médical Saint-Jean, ARRAS.