Editorial : Quand les techniques esthétiques étendent leur champ d’action

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L’esthétique n’est plus confinée au seul domaine, déjà très vaste, de la correction du vieillissement du visage de la femme. Elle s’intéresse aussi, avec des techniques multiples, à l’esthétique du corps. Elle est en compétition avec la chirurgie pour corriger des défauts mineurs au niveau du visage. Elle répond à la demande croissante de soins esthétiques chez l’homme qui, lui aussi, veut se sentir bien dans sa peau et retarder le vieillissement. Et voilà maintenant que les techniques esthétiques se révèlent utiles en gynéco-dermatologie, où s’intriquent esthétique, confort et pathologie. Les injectables, surtout la toxine botulique, peuvent également être un recours dans certaines maladies dermatologiques quand les traitements classiques sont peu efficaces et, par exemple, les lasers vasculaires sont capables d’améliorer remarquablement des séquelles de traitements lourds comme les radiodermites télangiectasiques après un cancer du sein.

Les articles de ce numéro reflètent cette évolution, très influencée elle-même par le contexte sociologique, l’importance de l’apparence ou au moins d’une bonne présentation dans le travail et dans la vie personnelle, le culte de la jeunesse, le désir d’esthétique et de confort, même pour les régions intimes, et le souhait légitime de voir disparaître les marques visibles du traitement d’un cancer.

Éviter la chirurgie quand de petits défauts sont accessibles aux moyens médicaux grâce aux fillers est maintenant possible, comme le démontre Catherine Raimbault avec la rhinoplastie médicale. Il est souvent bluffant de voir qu’avec très peu d’acide hyaluronique, un injecteur habile peut obtenir, à la grande satisfaction des patients, un résultat satisfaisant et durable. Ce geste très technique nécessite un sens esthétique sûr et de bonnes connaissances anatomiques de la région, en particulier de sa vascularisation. C’est en effet une zone à risque sur le plan artériel où il faut éviter le risque d’embolisation de filler.

Comme l’explique Anny Cohen-Letessier, l’image de l’homme a évolué et on a vu apparaître au tournant du millénaire le métrosexuel, produit des grandes villes adoptant certains codes de la féminité. Mais celui-ci veut quand même rester viril et son look androgyne coexiste souvent avec des attributs masculins comme le port de la barbe. L’homme d’aujourd’hui est devenu très soucieux de son apparence et fier de s’en préoccuper. Il n’emprunte plus les cosmétiques de sa compagne mais a sa propre ligne de soins et l’on constate la forte progression des ventes de cosmétiques pour hommes. Il demande sans complexe la correction du vieillissement ou d’autres défauts par les techniques interventionnelles, injectables, laser, peelings, chirurgie.

Mais il ne s’agit pas simplement de transposer à l’homme les techniques largement[...]

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À propos de l’auteur

Professeur émérite de Dermatologie de l’Université de Bordeaux.