Les alpha-herpèsvirus en dermatologie : quoi de neuf ?

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Le virus HSV est un virus épidermotrope et neurotrope. Il est capable de produire une infection latente au sein des cellules nerveuses, notamment dans le ganglion de Gasser pour l’herpès oro-labial et dans les ganglions sacrés pour l’herpès génital.

Manifestations cliniques

L’infection cytolytique au sein des kératinocytes produit les vésicules classiques, que nous connaissons, de l’herpès oro-labial récidivant et de l’herpès génital. De nouveaux types d’infections ont été identifiés avec des présentations cliniques bien particulières, comme les réactions lichénoïdes ou verruqueuses.

Une récente publication clinique montre le lien indirect entre l’herpès oro-labial chronique et l’induction d’une prolifération vasculaire de type granulome pyogénique au niveau labial (fig. 1), vraisemblablement via une stimulation de la production des facteurs de croissance comme l’EGF par les kératinocytes infectés par l’HSV-1 [1].

Une autre manifestation rare et méconnue de l’HSV est l’infection du mamelon (fig. 2), habituellement unilatérale, parfois bilatérale, particulièrement douloureuse et non récidivante. Un contact sexuel (HSV-2) ou l’allaitement maternel (HSV-1) peuvent en être responsables.

Une autre présentation à ne pas oublier, en particulier chez le patient immunodéprimé (même chez le patient VIH sous ART [traitement antirétroviral]), est la réaction verruciforme aux virus HSV ou VZV (fig. 3) [2]. Ces lésions peuvent être uniques ou multiples. Elles sont verruciformes avec parfois une ulcération centrale, ont un décours indolent (des semaines, voire des mois), sont peu douloureuses et souvent associées à une résistance aux antiviraux dépendants de la thymidine kinase (TK) comme l’acyclovir (ACV), le famciclovir (FCV) ou le valaciclovir (VCV). Cette résistance est liée à une TK tronquée ou carrément absente, et elle peut être identifiée sur culture cellulaire ou par PCR (Polymerase chain reaction) [3].

En particulier au niveau du visage, il est recommandé de prouver la suspicion diagnostique d’infection par HSV ou par VZV par des techniques diagnostiques complémentaires. En effet, jusque dans 20 % des cas, des erreurs diagnostiques peuvent être commises, comme l’herpès oro-labial zostériforme (fig. 4) [3].

La distribution métamérique et unilatérale du zona rend[...]

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À propos des auteurs

Service Universitaire de Dermatologie, CHU du Sart Tilman, Liège, BELGIQUE.

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