Le vaste cadre des lésions cutanées auto-provoquées regroupe, selon que le geste sur la peau est tenu secret ou non, d’une part la simulation et le trouble factice, d’autre part les excoriations psychogènes aux côtés de la trichotillomanie (et onychotillomanie), les scarifications et les automutilations.
L’étymologie parlante du terme ancien “pathomimie cutanée” – lésion artificielle qui mime une dermatose et qui est donc fabriquée par le patient lui-même – a de fait envahi confusément ce champ des dermatoses auto-provoquées. Ainsi, tout patient qui crée lui-même ses lésions, que le geste soit reconnu ou tenu secret, dans un contexte délirant ou non, est malheureusement souvent étiqueté “pathomime”. Or, une lésion cutanée provoquée n’est pas forcément un trouble factice (“pathomimie”) qui correspond à une souffrance psychopathologique particulière, et donc n’est pas “pathomime” qui veut ! Mimer une dermatose requiert des connaissances médicales, qu’elles soient acquises professionnellement ou de plus en plus actuellement copiées sur Internet. Cette action de mimer peut être le support d’une tricherie délibérée comme dans les simulations. C’est pourquoi le terme “trouble factice” est préférable à celui de “pathomimie”, permettant de bien différencier ce tableau singulier des simulations.
L’ESDaP (Société Européenne de Dermatologie et Psychiatrie) a réalisé un très beau travail de classification de ces lésions cutanées auto-provoquées [1]. établir ces distinctions nosographiques, cliniques et psychopathologiques permet de mieux comprendre la souffrance psychique sous-jacente et d’adresser à bon escient, et au bon moment, à un confrère psychiatre ou psychologue, tout en gardant un lien patient-dermatologue indispensable.
Ainsi, des érosions ou ulcérations cutanées, encore une fois simples descriptions cliniques, peuvent se voir au cours de situations variées [2] : délire d’infestation parasitaire où le patient cherche à extraire par tout moyen le parasite allégué [3], trouble de la perception de l’image corporelle type “dysmorphophobie” où les obsessions idéatives sur la moindre anomalie cutanée entraînent une compulsion “à corriger cette anomalie perçue comme[...]
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