La sphère ano-génitale est prise en charge par plusieurs spécialités médicales (dermatologue, gynécologue, urologue, proctologue) et une étroite collaboration est nécessaire. Cependant, contrairement aux femmes qui consultent régulièrement leur gynécologue, les hommes sont rarement suivis par nos collègues urologues et consultent souvent d’emblée avec des lésions tumorales génitales déjà bien évoluées. Depuis quelques années, une meilleure connaissance des facteurs étiologiques des lésions précancéreuses et cancéreuses périanales et génitales externes, d’origine épithéliale (néoplasies intraépithéliales), permet une prise en charge plus spécifique.
- Les tumeurs bénignes ano-génitales peuvent correspondre à des localisations ano-génitales de tumeurs ou de pseudotumeurs cutanées “classiques”. Il existe également des tumeurs bénignes atteignant spécifiquement la sphère ano-génitale indépendamment du sexe du patient. Enfin, certains types de tumeurs bénignes sont liés à la localisation et au sexe du patient.
- Les lésions précancéreuses et cancéreuses sont essentiellement représentées par les lésions épithéliales à type de néoplasie intraépithéliale (NIE). Au niveau de la sphère ano-génitale, les NIE présentent cependant plusieurs particularités en rapport avec leur localisation interne (col, vagin, canal anal) :
>>> Les NIE ano-génitales, contrairement aux lésions vaginales, du col et du canal anal, ne sont pas uniquement dues à une infection à HPV (papillomavirus humain) oncogène. On distingue ainsi les NIE (VIN ou PIN) HPV-dépendantes des NIE non HPV-dépendantes.
>>> Autre particularité de la sphère ano-génitale : les NIE HPV-dépendantes n’évoluent pas, comme les lésions du col (CIN), du vagin (VaIN) et du canal anal (AIN), de la NIE 1 à la NIE 3 (NIE 1» NIE 2 » NIE 3). Au niveau des localisations ano-génitales externes, on se trouve en présence de condylomes de type condylomes plans bénins, plus ou moins irrités, parfois associés à quelques atypies cytologiques dystrophiques : ils sont dus à une infection à HPV non oncogène et sont parfois appelés NIE 1, dénomination qui nous paraît discutable car source de confusion. Les NIE 3 sont liées à une infection à HPV oncogène et surviennent d’emblée, sans NIE 1 ou condylome plan préalable. Les deux types de lésions peuvent être associés chez un même patient du fait d’une multi-infection par plusieurs HPV (oncogènes et non oncogènes), en particulier chez les patients immunodéprimés HIV positifs, mais les NIE 1 ne sont pas à l’origine de la NIE 3 adjacente.
>>> Autre particularité de cette localisation ano-génitale, les NIE HPV-dépendantes ont deux présentations cliniques et évolutives dont les nouvelles classifications[...]
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