Lichen plan vulvaire

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Épidémiologie

Le lichen plan (LP) est une affection cutanéomuqueuse d’évolution chronique et récidivante dont la fréquence est encore mal connue (prévalence estimée à 0,5-2 % [1]).

Le lichen plan érosif (LPE) est la forme clinique la plus fréquente de LP vulvaire L’atteinte génitale isolée est rare et les atteintes extra-vulvaires sont multiples : orale (59 %), vaginale (26 %), périanale (29 %), cutanée (19 %), du cuir chevelu (8 %), unguéale (4 %) et œsophagienne [2]. À l’inverse, devant un LP oral, on retrouve 75 % d’atteinte génitale, dont 44 % asymptomatique [3].

Une étude récente a isolé un sous-groupe particulier de patientes ayant à la fois une atteinte vulvaire, orale et pilaire [4]. Au sein d’un groupe de 83 patientes ayant un LP vulvaire, un LP pilaire a été constaté dans 19 % des cas (dont la moitié sous forme d’alopécie frontale fibrosante) et un LP oral dans 81 % des cas. Le LP pilaire précède le LP vulvaire dans plus de 50 % des cas. Une autre étude a retrouvé une fréquence encore plus élevée de l’atteinte du cuir chevelu au cours du syndrome vulvo-vagino-gingival : 75 % sur un total de 16 patientes, la majorité des cas apparaissant sous la forme d’une alopécie frontale fibrosante [5]. La présence d’anticorps spécifiques anti-épithéliums stratifiés (SES-ANA) était particulièrement fréquente dans ce groupe : 66,7 % dans les LP vulvo-vagino-gingivo-pilaires, 62 % (10/16) dans les LP vulvo-vagino-gingivaux vs 13,6 % dans les autres formes de LP.

Le lichen plan est une pathologie auto-immune chez la femme :

  • les pathologies thyroïdiennes auto-immunes sont présentes chez 15 % des patientes vs 8 % chez les contrôles ;
  • le vitiligo : 22 % vs 0 % ;
  • la pelade : 4 % vs 0,1 % ;
  • la maladie cœliaque : 2 % vs 0,2 % ;
  • le sous-groupe HLA-DQB1 est deux fois plus fréquent.

Diagnostic

Dans sa forme non érosive, le lichen plan réalise des lésions comparables aux autres localisations cutanées : papules violines sur les grandes lèvres, stries ou papules blanchâtres leucoplasiques, disposées en réseau (stries de Wickham) ou regroupées en petites plaques dans les espaces interlabiaux, sur les petites lèvres et le vestibule (fig. 1). Le symptôme est alors un prurit.

Des[...]

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À propos de l’auteur

Institut Alfred Fournier, PARIS.