La maladie de Verneuil ou hidradénite suppurée (HS) est une maladie inflammatoire chronique affectant 1 % de la population (soit 500 000 patients en France). Elle débute le plus souvent à la puberté. Elle impacte de manière significative la qualité de vie des patients atteints du fait du caractère chronique et imprévisible des poussées, des lésions en elles-mêmes (prurit, suintement, odeur, topographie génitale, douleur), mais également de la stigmatisation quelle entraîne. Un sondage réalisé à l’initiative du collectif Verneuil notait que 89 % des personnes sondées n’avaient jamais entendu parler de la maladie de Verneuil, 41 % étaient réticentes à serrer la main d’un patient ayant une HS, 65 % à dormir avec elle et plus de 2/3 à lui faire la bise ou à avoir des relations sexuelles avec elle.
Le diagnostic d’HS est simple et repose sur des arguments cliniques. Malheureusement, l’errance diagnostique reste majeure. Deux études menées par ResoVerneuil (R-ENS Verneuil et EpiVer [Épidémiologie Verneuil]) objectivaient un délai de 8 ans et 6 médecins différents vus avant que le diagnostic ne soit posé. Il n’y avait aucun impact de la sévérité de la maladie, de la catégorie socio-professionnelle du patient ou de son milieu de vie sur ce délai diagnostique.
L’HS est une maladie complexe faisant intervenir une prédisposition génétique, une réponse inappropriée aux surinfections bactériennes, une dysrégulation de la réponse inflammatoire et des facteurs environnementaux. Dans l’étude EpiVer, 30 % des patients étaient obèses (avec une différence par rapport à la population générale quelle que soit la tranche d’âge), 75 % des femmes et 84 % des hommes étaient fumeurs de tabac, 29 % des hommes et plus de 12 % des femmes étaient des consommateurs actifs de cannabis (vs 3,1 % de la population générale).
À l’instar d’autres maladies inflammatoires chroniques, l’HS est associée à des comorbidités articulaires, digestives et à un surrisque cardiovasculaire avec une augmentation significative du risque de syndrome métabolique et d’événements cardiovasculaires majeurs. Un dépistage de ces comorbidités est recommandé et a été standardisé récemment par nos confrères espagnols.
D’un point vue thérapeutique, des recommandations de prise en charge et un algorithme avaient été émis à l’EADV (European Academy of Dermatology and Venereology) en 2015. Sur le versant médical, l’adalimumab y était préconisé après l’échec d’une antibiothérapie associant la Dalacine et la Rifadine. Les données de vie réelle de l’usage de l’adalimumab pour le traitement de l’HS ont récemment été rapportées pour la cohorte espagnole ADAHS. 78 % des patients traités bénéficiaient d’une réduction d’au moins 50 % du nombre d’abcès et de nodules inflammatoires (score HISCR [Hidradenitis Suppurativa[...]
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