La pelade, pathologie bénigne d’origine auto-immune, perturbe plus ou moins sévèrement la vie des patients par son retentissement physique, le caractère imprévisible des épisodes et l’étendue des lésions (fig. 1).
Le risque de développer une pelade au cours de sa vie est estimé à 2,1 %. Il s’agit d’une pathologie ayant tendance à affecter des sujets plutôt jeunes (deux tiers ont moins de 30 ans), sans prédominance de sexe. Capricieuse, elle évolue par épisodes (notions à transmettre au patient) dont le rythme et l’importance sont variés. Selon certaines études, l’importance de la surface initiale atteinte chez l’enfant semble proportionnelle à la gravité future de la maladie.
L’altération de la qualité de vie d’un patient présentant une pelade est le point fondamental de la prise en charge. Elle n’est pas directement liée à la surface atteinte ni à l’ancienneté de la maladie. Elle évolue dans le temps et généralement plutôt vers un mieux pour les pelades stables et sévères. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dans cette altération et de fait dans la prise en charge : des facteurs individuels (coupe de cheveux, habitudes de rasage, antécédents familiaux…), la topographie des plaques, le sexe, l’âge, la profession, l’association avec une atopie…
De nombreux traitements ont été démontrès inefficaces, d’autres ne peuvent qu’être considérés comme des “sirènes thérapeutiques” en attendant des études valides ; d’autres encore, basés sur les nouvelles connaissances physiopathologiques de la pelade, sont à l’étude et enfin certains, classiques, fonctionnent d’une manière variable et constituent notre arsenal thérapeutique actuel.
Les dermocorticoïdes en gel ou lotion (niveau 4, ou 3 chez le jeune enfant) sont à considérer comme le traitement de base. Les corticoïdes retard injectables (le plus souvent acétonide de triamcinolone dilué entre 5 et 10 mg/mL pour le cuir chevelu) sont particulièrement utiles dans les pelades localisées ou l’atteinte des sourcils. Le dioxyanthranol (dithranol, anthraline) est prescrit en préparation magistrale (0,5 à 3 %) dans les pelades en plaques du cuir chevelu pour un contact bref de 15 minutes. La PUVAthérapie, davantage que les UVB TL01, peut s’avérer utile en particulier en cas de résistance aux traitements précédents ou dans les pelades très étendues. L’immunothérapie de contact est probablement sous-utilisée en France alors qu’elle rend de grands services et peut être employée au long cours. La corticothérapie systémique est envisagée dans les pelades rapidement extensives évoluant vers un stade décalvant : soit orale classique, soit en bolus (oraux ou méthylprednisolone IV). La place du méthotrexate reste à définir[...]
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