Parmi les 3 chromophores présents naturellement dans la peau (hémoglobine, mélanine et eau), la particularité de la mélanine est d’avoir le spectre d’absorption photonique le plus large, s’étendant de 300/400 nm à plus de 1 000 nm, soit des ultraviolets longs aux infrarouges en couvrant tout le spectre de la lumière visible. C’est dans ce même spectre qu’émettent la majorité des lasers vasculaires, des lasers épilatoires et pigmentaires ainsi que la totalité des lumières pulsées.
Chez les patients à phototype élevé, le nombre de mélanocytes présents au niveau de la basale épidermique est sensiblement le même que chez les populations caucasiennes. Il existe, en revanche, une charge beaucoup plus importante en mélanine au sein de ces mélanocytes ainsi que dans les kératinocytes qui en dépendent : les mélanosomes y sont à la fois plus grands, plus chargés en mélanine mais aussi présents en plus grande quantité.
Tous les lasers obéissent à un effet “éponge” : plus la quantité d’un chromophore cutané avec lequel le laser est susceptible d’interagir est importante, plus il absorbera, pour une même fluence, l’énergie délivrée.
Dans le cas de phototype élevé, la majorité des lésions traitées par laser étant en situation dermique, il faut pour les atteindre traverser l’épiderme et y rencontrer des quantités importantes de mélanine qui vont absorber une grande partie de l’énergie du tir laser. Cette situation va provoquer, par absorption épidermique accrue, des lésions indésirables et non contrôlées : cloques, désépidermisation et cicatrices. Corollaire, la diminution de la quantité d’énergie parvenue au derme diminue l’efficacité du traitement. C’est pour cette raison que les traitements par laser pigmentaire ou épilatoire, qui travaillent dans le spectre d’absorption de la mélanine, mais aussi par laser vasculaire ou lampe flash n’apportent que peu de résultats au prix d’effets secondaires importants et de risques cicatriciels non négligeables.
à l’inverse, les lasers dont le spectre d’émission est déplacé dans les zones où la mélanine absorbe peu peuvent être utilisés : lasers Nd:YAG épilatoire et vasculaire à 1 064 nm, laser YAG déclenché de détatouage à 1 064 nm, lasers infrarouges et fractionnés non ablatifs. Plus simplement, on peut donc considérer que tous les lasers émettant au-dessus de 1 000 nm pourront être utilisés sur des phototypes 4 et 5.
Les lasers photoablatifs émettent également dans les infrarouges : 2 940 nm pour l’Erbium et 10 600 nm pour le CO2. Ils n’ont donc aucune interaction avec la mélanine, leur chromophore cible étant l’eau intra- et extracellulaire. Ainsi, il n’y a pas plus de risque de rencontrer une achromie sur un phototype clair qu’élevé, les mélanocytes n’étant pas plus fragiles dans un cas que dans l’autre. Les hypochromies[...]
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