La question peut être posée, souvent par le patient, et si elle peut faire sourire de prime abord, la creuser est intéressant à plus d’un titre.
Premièrement, les réactions inflammatoires, œdémateuses ou purpuriques induites notamment par les lasers vasculaires, fractionnés non ablatifs ou déclenchés sont souvent considérées comme des réactions allergiques par les patients. Or, ce ne sont que des suites opératoires attendues qui méritent de leur être régulièrement réexpliquées.
Pour un dermatologue laseriste, la question est rarement posée et fait l’objet de peu de publications. S’il est photobiologiquement connu qu’on peut déclencher une allergie solaire en se soumettant à une exposition aux UVA ou aux UV, il est bien plus difficile de penser – et de prouver – qu’il est possible de déclencher une allergie dans le spectre du visible ou des infrarouges (IR). Ainsi, le laser ou toute source électromagnétique émettant entre 400 et 12 600 nm peuvent-ils déclencher une réaction allergique ?
L’effet biologique de la lumière visible dépend de sa capacité à pénétrer dans un tissu : plus une longueur d’onde est importante, plus l’effet de rayonnement est grand. Il a été déterminé que de fortes doses d’une lumière visible (405-436 nm) peuvent provoquer un érythème cutané, voire provoquer une pigmentation post-inflammatoire. Il faut donc se méfier des expositions prolongées sous LED bleu-violet. Cela n’en fait pas pour autant une réaction allergique mais plutôt de défense. Le ratio de radicaux libres générés lors d’une exposition à l’ultraviolet et à la lumière visible varie ainsi de 67 à 33 % respectivement. Le rayonnement compris entre 400 à 500 nm de longueur d’onde provoque une augmentation de la concentration de la forme active de l’oxygène dit singulet ainsi qu’une mutation de l’ADN et des protéines dans la peau.
L’urticaire solaire, dont le mécanisme reste encore mal élucidé, peut être déclenchée par les UVA et la lumière visible. Une équipe de Harvard rapportait déjà il y a 20 ans l’histoire d’une patiente qui présentait une urticaire solaire ne se déclenchant ni en phototest, ni sous UVA, ni sous UVB, ni sous un projecteur de diapositive, mais uniquement sous laser argon 610-650 et 690 nm [1].
Des réactions urticariennes sont rapportées après laser épilatoire mais aussi au froid engendré par l’air pulsé nécessaire au refroidissement de l’épiderme [2].
Landa et al. ont rapporté le déclenchement de réactions urticariennes, confirmées par histologie, chez 36 patientes sur les 13 284 traitées par laser alexandrite dépilatoire. Pour 26 d’entre elles, l’éruption se déclenchait dès la première séance avec une récurrence identique des poussées aux séances successives. Les poussées débutaient 6 à 72 heures au décours du traitement pour ne céder qu’au bout[...]
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