L’immunité innée en dermatologie : une “vieille dame” redécouverte et rajeunie

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L’immunité innée est probablement apparue très en amont de sa partenaire adaptative, beaucoup plus spécifique et efficace mais qui nécessite un temps de réaction nettement plus important, ce qui représente un danger non négligeable en cas d’agression par un pathogène virulent. L’immunité innée, première ligne de défense non-spécifique mais très rapidement mobilisable, permet la mise en place d’une défense tout à fait efficace pendant ce laps de temps, même si elle est effectivement moins performante que l’immunité adaptative. Dans certains cas, elle représente même la seule ligne de défense mise en route par l’organisme car suffisamment efficace en cas d’agression, ne nécessitant pas la mise en place de mécanisme spécifique nettement plus complexe.

Cette immunité innée est basée sur la reconnaissance de “profils” moléculaires partagés par un certain nombre d’agents pathogènes, profils encore appelés patterns reconnus par des récepteurs spécifiques. Dans d’autres situations, ces patterns moléculaires sont en fait exprimés par les cellules de l’hôte lui-même, quand ces cellules doivent être éliminées. Les premières descriptions de l’immunité innée remontent à 1884 et à la définition du système réticulo-endothélial, en fait constitué de cellules dendritiques, par le microbiologiste russe E. Metchnikoff qui avait déjà largement soupçonné l’importance de ce système.

Après avoir très longtemps été éclipsés par l’étude de l’immunité adaptative, l’intérêt porté à ces mécanismes innés et la description des mécanismes moléculaires en cause ont littéralement explosé au cours des 10 dernières années. Ainsi, le lien entre immunité innée, immunité adaptative, microbiome intestinal ou cutané et un certain nombre d’affections notamment inflammatoires a été redéfini, dessinant un schéma complexe d’où émergent des cibles thérapeutiques potentielles tout à fait intéressantes dont certaines ont déjà été exploitées [1].

Mécanismes de l’immunité innée cutanée

L’immunité innée associe des acteurs et des mécanismes très divers, tant[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie et Inserm U1058, Université de MONTPELLIER.