Risques dermatologiques liés aux tatouages

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Le tatouage est défini par l’introduction de pigments ou de colorants exogènes dans le derme afin d’obtenir un dessin permanent de la peau. La fréquence des complications cutanées sur tatouage est mal connue. Avec l’augmentation de la prévalence du tatouage dans la population générale (17 % actuellement en France), on peut s’attendre à une hausse du nombre de consultations pour ce motif (tableau I).

Les complications aiguës, immédiates ou durant la phase de cicatrisation du tatouage, comprennent une réaction inflammatoire constante au site tatoué, d’une durée allant de quelques heures à quelques jours. Les saignements sont habituellement légers et transitoires et les hématomes rares. Un eczéma de contact à un topique cicatrisant est à évoquer en cas d’éruption aiguë vésiculeuse prurigineuse au site d’application du produit. Une diffusion de la couleur (“tattoo blowout”) dans l’hypoderme peut être observée en cas de tatouage sur des zones de peau claire et fine. Enfin, des adénopathies localisées transitoires peuvent être palpables.

Les complications infectieuses sont liées à l’introduction de germes durant la séance ou la phase de cicatrisation. Elles comprennent surtout les surinfections bactériennes superficielles (impétigo, abcès, folliculite, furonculose, ecthyma). Les infections profondes (érysipèle, gangrène) et celles d’évolution fatale (avec septicémie) sont exceptionnelles. Des cas de mycobactériose environnementale (mycobacterium chelonæ, fortuitum, etc.) ont été rapportés par utilisation d’eau du robinet pour diluer l’encre ou, plus rarement, en cas de contamination du flacon d’encre. Plus rarement ont été décrits des cas d’efflorescence de verrues vulgaires et de molluscum contagiosum sur tatouage.

Les réactions d’hypersensibilité aux encres de tatouage (“allergie à une couleur”) restent actuellement le principal motif de consultation. Elles surviennent dans des délais variables allant de quasi-immédiatement après la séance (le tatouage ne cicatrise pas correctement) à des semaines/mois voire des années après une période de “quiescence”. L’aspect clinique est celui de papules ou de nodules infiltrés à la palpation et souvent prurigineux, parfois douloureux, parfois avec photoaggravation/photo-déclenchement des lésions. Le prurit invalidant est souvent le motif de consultation. Le rouge, le rose et le violet restent les plus pourvoyeurs de ces réactions allergiques. Les patch tests ne sont pas utiles en raison de résultats discordants. Les réactions persistent pendant des mois ou des années. Une résolution spontanée est possible mais dans un délai impossible à déterminer pour le patient.

Le traitement est habituellement difficile. On commence par des traitements locaux type dermocorticoïdes de très forte activité ou des infiltrations[...]

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À propos de l’auteur

Department of Dermatology, Helsinki University Central Hospital, HELSINKI (Finlande). Consultation “tatouages”, Service de Dermatologie, Hôpital Bichat-Claude-Bernard, PARIS.