Ô rage, ô désespoir… aurait commencé Corneille !
Le terme d’orage cytokinique a été utilisé pour la première fois en 1993 dans un contexte de réaction du greffon contre l’hôte (GVH) aiguë lors d’une transplantation de cellules souches hématopoïétiques allogéniques [1]. Par la suite, il a été associé à des maladies auto-immunes, des transplantations d’organes, à l’immunothérapie CAR-T dans le traitement des cancers [2]. Néanmoins, c’est bien à l’épidémie de COVID-19 que chacun pensera à la lecture de ce terme d’orage cytokinique avec une explosion des publications sur ce syndrome depuis le début de la pandémie [3].
En effet, la COVID-19 a infecté plus de 260 millions de personnes et en a tué plus de 5 millions, avec un taux de mortalité d’environ 2 % dans le monde (https://covid19.who.int/). Cette pandémie a eu des conséquences terribles sur la santé physique mais aussi mentale des individus, y compris des soignants, ainsi que sur l’économie.
La COVID-19 peut provoquer un large éventail de manifestations cliniques allant de formes asymptomatiques chez 30 % des individus à des formes bénignes ou modérées associant fièvre, toux, myalgies chez 55 % des individus et des formes sévères parfois fatales [4].
L’infection grave se manifeste souvent par une pneumonie et s’associe parfois à une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), à un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA), pouvant aller jusqu’à une défaillance multiviscérale. Les phénomènes thrombotiques sont aussi très fréquemment associés à la COVID-19 sévère et il est désormais admis que les patients hospitalisés doivent recevoir une prophylaxie antithrombotique [5]. Dans ces formes sévères, il existe en effet un relargage massif de cytokines pro-inflammatoires en réponse à l’infection [6].
Commençons par les patients atteints de formes bénignes de Covid, en particulier ces formes avec pseudo-engelures que les dermatologues ont très rapidement décrites dans la littérature à une époque où tests PCR et sérologies étaient difficilement voire pas du tout accessibles en ville [7]. Des séries plus récentes n’ont pas toujours retrouvé la preuve de l’infection Covid que ce soit par PCR nasale, cutanée ou sérologie [8]. Ces formes surviennent chez des patients qui ne présentent pas de signes de gravité, chez les jeunes adultes et les enfants, dans un délai d’environ 9 jours après l’infection présumée [9].
À[...]
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