Traitement du prurit chronique : où en est-on ?

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Le prurit chronique est classiquement séparé en 4 catégories selon l’étiologie : cause dermatologique, cause systémique (associé à des médicaments ou à des causes extra-cutanées), cause neuropathique (secondaire à des maladies neurologiques) et cause psychogène [1]. L’origine peut aussi être mixte, ou inconnue. Le traitement étiologique est toujours utile quand il est possible. Cependant, le prurit chronique, persistant sur plusieurs mois ou années, met en jeu des mécanismes spécifiques qui ne sont pas directement liés à la cause initiale, ce qui est bien illustré par le prurigo.

Le prurigo chronique survient à cause d’une sensibilisation neuronale au prurit et au développement d’un cercle vicieux prurit-grattage. Cette sensibilisation est suggérée par la présence d’une alloknésie (déclenchement du prurit par un toucher léger) et d’une hyperknésie (prurit excessif déclenché par un stimulus prurigineux). La sensibilisation périphérique est liée à une hyperexcitabilité des terminaisons nerveuses cutanées qui est augmentée par le grattage chronique. La sensibilisation centrale est liée à une diminution des contrôles inhibiteurs par les interneurones dans la moelle épinière et à des modifications de la connectivité cérébrale [2].

L’altération de la qualité de vie secondaire au prurit est majeure, justifiant le recours à des traitements efficaces [3]. Actuellement, les traitements disponibles ne sont efficaces que chez une partie des patients et ont un faible niveau de preuve. Les recommandations internationales de prise en charge du prurit chronique ont été mises à jour en 2019 [4] et des recommandations ont été élaborées pour le prurigo [5]. Plusieurs molécules prometteuses sont en cours de développement : des anticorps monoclonaux (anti-IL31, anti-IL4/13),[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie, CHRU de BREST, Laboratoire Interactions Épithéliums Neurones (EA4685), LIEN, Université de BREST.