Le phénomène de Raynaud (PR) est un motif fréquent de consultation. Il atteint 5 à 10 % de la population générale. Il est primitif dans 80 à 90 % des cas. L’enjeu d’une consultation devant un PR est d’éliminer les causes secondaires dont les connectivites, par l’examen clinique, une recherche de facteurs anti-nucléaires et une capillaroscopie péri-unguéale [1]. En effet, l’absence de paysage sclérodermique à la capillaroscopie est fortement en faveur de l’origine primitive du PR. La capillaroscopie est un examen simple mais peu accessible en routine, permettant la visualisation des capillaires du repli unguéal avec un grossissement × 50 à 200. Le paysage sclérodermique (ou microangiopathie organique spécifique) est défini par la présence et l’association à différents degrés de cinq critères principaux : présence de mégacapillaires, d’une raréfaction capillaire, de plages avasculaires, d’une désorganisation et d’hémorragies capillaires.
La dermoscopie permet une visualisation des structures de la peau avec un grossissement × 15. C’est un examen simple et de routine, utilisé au quotidien par les dermatologues, notamment pour le dépistage des tumeurs cutanées.
Lors du phénomène de Raynaud secondaire
Plusieurs études ont évalué l’intérêt de la dermoscopie comme alternative à la capillaroscopie, pour le diagnostic du paysage sclérodermique au cours des PR secondaires à des connectivites, avec des résultats variables. Les premières études, descriptives, ont mis en évidence l’intérêt de la dermoscopie péri-unguéale pour le dépistage d’anomalies capillaires lors de la sclérodermie systémique, dermatomyosite et connectivite mixte sans groupe contrôle sain et sans comparer leurs résultats avec la capillaroscopie [2-5]. D’autres études ont mis en évidence que l’examen dermoscopique permettait d’observer statistiquement plus d’anomalies capillaires lors de connectivites par rapport à des sujets contrôles sains, mais il n’y avait pas de comparaison par rapport à un examen capillaroscopique [6, 7].
D’autres études ont évalué la performance du diagnostic de microangiopathie organique spécifique avec la dermoscopie en comparaison avec la capillaroscopie, dans des études ayant inclus majoritairement des patients avec PR secondaires à une sclérodermie systémique [8-13]. Ces études ne prenaient pas en compte les examens dermoscopiques jugés comme ininterprétables, qui étaient fréquents (30 %), et avaient inclus très peu de PR[...]
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