Point sur l’angiodermite nécrotique

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Épidémiologie

L’angiodermite nécrotique (AN) est une forme d’ulcère chronique de jambe (UJ) décrite en 1945 par le Dr Martorell, cardiologue espagnol, chez des patients présentant une hypertension artérielle (HTA) avec présence de pouls périphériques distaux. Dès sa description, il fut postulé que ces ulcères étaient liés à une artériolosclérose des vaisseaux du derme secondaire à l’HTA chronique [1]. La littérature anglosaxonne utilise d’ailleurs les termes de “HYperTensive Ischemic Leg Ulcer (HYTILU)”, “arteriosclerotic ulcer of Martorell” ou de “Martorell’s ulcer”. Le terme plus clinique d’AN n’est adopté que dans la littérature française.

Il est traditionnel de considérer l’AN comme la 4e cause d’ulcère de jambe après les causes macrovasculaires (veineuse, artérielle et mixte) et représenterait 10 % à 15 % des ulcères de jambes vus en hospitalisation dans un service de dermatologie [2]. Sa fréquence est probablement sous-estimée car sous-diagnostiquée et source de fréquentes erreurs diagnostiques [3, 4].

Physiopathologie

L’AN serait la conséquence de différents processus micro-angiopathiques en lien avec l’HTA chronique associés à d’autres facteurs non encore élucidés. L’HTA chronique serait responsable d’un rétrécissement de la lumière artériolaire augmentant la résistance vasculaire qui entraînerait une diminution de la perfusion et une efficacité réduite du mécanisme de vasodilatation compensatrice à l’hypoperfusion [5, 6]. Il en résulterait une occlusion artériolaire responsable de l’ischémie locale puis l’ulcération.

Manifestations cliniques

Il existe une prédominance féminine avec un âge moyen de 60 à 75 ans [2]. La comorbidité quasi-obligatoire est la présence d’une hypertension artérielle (90 à 100 % des cas) qui est volontiers ancienne et traitée. L’holter tensionnel sur 24 h démasque souvent une HTA labile, alors que le patient pense être équilibré. Un diabète est présent chez 30 à 50 % des malades. On peut retrouver une insuffisance veineuse chronique chez 25 % à 40 % des cas ou une artérite[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie, CHU de CAEN.